Enquête 2018 de la Scam sur la profession de journaliste

Le 23 septembre, l’Afja a organisé un webinaire sur la Scam et les droits des journalistes, animé par Émilie Gillet, journaliste pigiste scientifique et membre de la commission journaliste de la Scam. Voici, en résumé, les informations dont elle nous a fait part.

En 2013, la Scam réalise une première enquête révélant la précarisation des journalistes.

En 2018, la Scam réalise une nouvelle enquête : Plus de 3700 journalistes ont répondu au questionnaire. Elle pointe du doigt l’extrême détérioration des conditions d’exercice du métier, l’inquiétude liée à la précarisation du métier allant de pair avec un sentiment de perte de sens.

Multiplicité et précarisation des statuts

La part des journalistes pigistes bondit de 28 à 42 % en 5 ans, entre 2013 et 2018 avant même la crise économique liée à la Covid 19.

L’intermittence, l’auto-entrepreneuriat et le paiement en droits d’auteur se développent.

Rémunérations

Les rémunérations arrivent en tête des points négatifs :

  • Des salaires globalement bas, des revalorisations faibles ou inexistantes.
  • La difficulté à se faire payer en salaires.

Revenus annuels

Parmi les répondants : 11 % touchent moins que le Smic annuel et 28 % moins de 20 000 € par an.

Parmi les pigistes : 23 % sont au-dessous du Smic annuel et 51 % au-dessous de 20 000 € par an.

Journalistes auteurs / autrices

Seulement 62 % des journalistes se considèrent auteurs ou autrices.

C’est 9 points de moins qu’en 2013.

Cette baisse est intimement liée à la dégradation des conditions d’exercice du métier. Beaucoup de journalistes se sentent de simples fournisseurs ou fournisseuses de contenus. Ils dénoncent le journalisme assis, l’encadrement pléthorique au détriment du journalisme de terrain, les sujets en kit et le formatage.

Document Afja, réservé aux membres de l’Afja, et non reproductible.